16 juillet 2005

Gasquet, baptême magistral

Gasquet, baptême magistral

vendredi à Moscou, la Russie et la France se sont laissées dos à dos après les deux premiers simples du quart de finale de Coupe Davis qui les oppose. Si Richard Gasquet, le nouveau venu dans l'équipe de France, a plus que rempli son contrat en décrochant le premier point face à Igor Andreev (6-4, 6-3, 7-6), Paul-Henri Mathieu a failli en laissant les Russes revenir à un partout avec la victoire de Nikolay Davydenko.

Maîtrise. Guy Forget, qui n'a jamais douté de la capacité du nouveau numéro 1 français à s'adapter à l'ambiance et aux enjeux très particuliers de la Coupe Davis, peut se féliciter d'avoir enrôlé le jeunot de 19 ans. Malgré des crampes de stress, au poignet d'abord, à la cuisse gauche ensuite, Richard Gasquet a serré les dents et n'a jamais accepté la défaite, dont il a perçu le spectre à la fin de la troisième manche après avoir survolé les deux premières. Après la balle de match, il reconnaissait que de devoir jouer un set supplémentaire l'aurait mis dans une grande difficulté. «Ç'aurait été trop bête de perdre à cause de crampes alors que je me sentais super bien avant le match. Depuis dix jours, je cogitais pas mal. Je voulais trop bien faire, je ne dormais pas très bien. Pourtant, j'ai bien maîtrisé mes émotions pendant le match.» Et quand les crampes sont apparues au début du troisième set, c'est toute l'équipe de France, Forget en tête, et la poignée de supporteurs qui ont sauvé Gasquet. «Ils m'ont beaucoup aidé. Mais j'ai eu très peur de ne pas pouvoir aller au bout.»

Médecin de l'âme. Quand son joueur lui a dit : «Je ne peux plus jouer», Forget s'est aussitôt transformé en médecin de l'âme, lui répondant : «Tu vas gagner, je m'en fiche que tu ne puisses plus jouer.» Et Gasquet a bien compris le message. «C'est vrai, Guy m'a dit que je jouais super bien, que c'était un match parfait. Il a fallu qu'il m'aide beaucoup parce que mentalement je commençais à accuser le coup.» Avec son intelligence du jeu qui force l'admiration de son capitaine et cette capacité à adapter ses coups en fonction du comportement de l'adversaire et des circonstances, Richard Gasquet a terminé son match sur la corde raide, bluffant Andreev par des montées au filet hâtives. Une tactique qui a décontenancé son adversaire. Gasquet en a profité dans le jeu décisif, pendant lequel le Russe s'est désagrégé, s'inclinant 7 à 1. Gasquet pouvait s'écrouler sur la terre battue moscovite, rassemblant ses dernières forces pour s'en aller recevoir les congratulations de son camp. «C'est fabuleux pour moi d'apporter le premier point. C'est une émotion comparable à ma victoire contre Federer à Monte-Carlo. C'était un match très dur et, gagner ici en trois sets pour ma première sélection, je ne pouvais pas rêver mieux.»

Après cette fin de match redoutable pour les nerfs, Richard Gasquet a tenu à rassurer ses camarades pour la suite de la compétition. Certain que le stress aurait totalement disparu dimanche pour la deuxième fournée des simples. «Ce succès va me libérer. Je serai d'attaque pour dimanche.»

Dos au mur. Le second match du jour a démontré qu'il n'est jamais bon de rencontrer un joueur diminué. Il y a quelques jours, le Russe Nikolay Davydenko était incertain à cause d'un poignet douloureux. Ce qui ne l'a pas empêché de dominer Paul-Henri Mathieu en trois sets 7-5, 6-2, 7-5. Le Français avait pourtant les moyens de faire quelque chose dans cette partie. Le Russe a, en effet, eu besoin de six balles de match pour conclure. Ce n'est que dos au mur que Mathieu a montré un tennis de haut niveau. «Je n'ai pas fait un grand match mais j'ai tout donné. Il met du rythme. Il m'a fait beaucoup courir et il ne m'a pas laissé respirer.» La solidité du Russe en fond de court et son expérience ont fait le reste.

Samedi le double oppose Mickaël Llodra et Arnaud Clément aux Russes Igor Andreev et Mikhaïl Youzhny, sauf modification autorisée de dernière heure.

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Posté par emeric972 à 08:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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